Vous connaissez sans doute une personne malvoyante. Ou quelqu'un avec un problème de motricité fine. Ou un parent âgé qui n'arrive plus à lire des textes en gris clair. Ce sont vos visiteurs. En Suisse, environ 22 % de la population de 16 ans et plus vit avec un problème de santé durable qui la limite dans ses activités quotidiennes, y compris l'usage d'un site web. Au total en Suisse, cela fait 1,8 million de personnes.
Il faut y ajouter les situations passagères (poignet plâtré, écran de smartphone en plein soleil, fatigue visuelle après huit heures d'ordinateur) qui touchent tout le monde à un moment ou à un autre. Le but de l'accessibilité web, c'est de permettre à toutes ces personnes d'utiliser votre site aussi facilement que les autres.
Ce n'est pas une contrainte technique lourde. Cinq règles lèvent la grande majorité des barrières. Chacune se vérifie sur votre site en deux minutes, sans compétence technique particulière.
L'accessibilité n'est pas une couche qu'on rajoute à la fin. C'est une manière de faire dès le premier pixel.
Trois raisons, dans l'ordre.
Éthique. Exclure une personne sur cinq de son audience par négligence n'est pas défendable en 2026. Le chiffre de 22 % vient de l'enquête SILC 2023 de l'Office fédéral de la statistique. Au niveau mondial, l'Organisation mondiale de la santé parle de 16 % de la population, soit 1,3 milliard de personnes.
Financière. Ces personnes achètent, prennent des devis, recommandent. Et s'il peut être difficile d'imaginer précisément à quelles difficultés sont confrontées les personnes souffrant d'un handicap, un fait facile à comprendre est qu'un site accessible convertit aussi mieux pour les utilisateurs sans handicap : contrastes lisibles au soleil, formulaires clairs, navigation au clavier - tout le monde en profite.
Juridique. En Suisse, la Loi sur l'égalité pour les personnes handicapées (LHand) impose l'accessibilité aux services publics et institutionnels. Le secteur privé n'y est pas encore contraint, mais la tendance monte. À l'échelle européenne, l'European Accessibility Act est entré en application en juin 2025 : il touche déjà indirectement les PME suisses qui exportent des services numériques vers l'UE.
Le contraste des textes
Le problème. Du gris clair sur fond blanc, du blanc sur photo, du texte fin sur couleur pastel. C'est peut-être joli en 2026, mais c'est illisible pour beaucoup.
Le test en 2 minutes. Ouvrez webaim.org/resources/contrastchecker, copiez la couleur du texte et celle du fond, lisez le ratio. Standard WCAG AA : 4,5:1 pour texte normal, 3:1 pour texte de plus de 18 px.
L'erreur classique. « Mais le designer a validé, c'est très joli. » Sauf qu'environ 8 % des hommes et 0,4 % des femmes souffrent de daltonisme, et que la sensibilité au contraste chute avec l'âge : environ 10 % des personnes de 70 ans et plus ont une déficience mesurable. Autant de visiteurs qui ne pourront pas lire un texte au contraste faible.
Notre équipe vous accompagne dans votre projet.
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Tout doit être utilisable au clavier
Le problème. Certaines personnes n'utilisent pas de souris : motricité fine limitée, lecteurs d'écran, préférence personnelle. Un menu déroulant qui ne s'ouvre qu'au survol, un bouton sans repère de focus, un formulaire qui piège l'utilisateur : autant de barrières infranchissables.
Le test en 2 minutes. Posez la souris sur le côté. Naviguez uniquement avec Tab, Entrée, Espace, flèches. Est-ce que vous pouvez tout faire ? Voyez-vous où vous êtes à chaque instant (un anneau, une bordure, quelque chose de visible) ?
L'erreur classique. outline: none dans le CSS. Le développeur trouve l'anneau de focus moche, il le supprime, l'utilisateur clavier n'a plus aucun repère visuel.
Les images doivent avoir un texte alternatif
Le problème. Les lecteurs d'écran (utilisés par les non-voyants et les malvoyants) lisent le texte alternatif d'une image (l'attribut alt) pour la décrire à l'utilisateur. Sans alt, l'image n'existe pas pour cette personne. Ou pire, elle est annoncée par son nom de fichier : « photo-3489.jpg ».
Le test en 2 minutes. Installez l'extension navigateur « WCAG Accessibility Audit » (ou similaire), ou faites clic droit puis « Inspecter » sur une image de votre site. Chaque image porteuse d'information doit avoir un alt= avec description. Les images purement décoratives portent alt="" (vide), ce qui les fait ignorer proprement par les lecteurs d'écran.
L'erreur classique. alt="image", ou pas d'alt du tout sur des photos qui portent une information importante.
« Image. Photo tiret trois mille quatre cent quatre-vingt-neuf point J P G. »
« Image. Équipe EGGA de six personnes devant l'atelier. »
Les formulaires doivent avoir des libellés explicites
Le problème. Un champ de saisie avec juste un placeholder gris à l'intérieur (« Votre email »), qui disparaît dès qu'on commence à taper. L'utilisateur ne sait plus quel champ il remplissait. Un lecteur d'écran, lui, n'a même pas su ce qu'on lui demandait.
Le test en 2 minutes. Sur votre formulaire, cliquez sur le texte du libellé au-dessus (ou à côté) du champ. Est-ce que le focus va bien dans le champ ? Sinon, le libellé n'est pas relié techniquement au champ. Deuxièmement : le libellé reste-t-il visible quand vous commencez à taper ?
L'erreur classique. Le placeholder utilisé à la place du libellé. Design séduisant, accessibilité et utilisabilité désastreuses.
Après saisie, le libellé disparaît.
La structure hiérarchique des titres
Le problème. Un seul niveau de titre gigantesque partout (pour faire joli), ou plusieurs H1 sur la même page, ou des sauts illogiques (H1 puis H4 sans H2 ni H3). Les lecteurs d'écran permettent à leurs utilisateurs de naviguer par titres — c'est comme une table des matières. Une structure incohérente, c'est un livre sans sommaire.
Le test en 2 minutes. Installez l'extension navigateur « HeadingsMap ». Ouvrez votre page. Regardez la hiérarchie qui s'affiche. Un seul H1, des H2 pour les sections principales, des H3 imbriqués si besoin. Pas de saut, pas de doublon.
L'erreur classique. Un <h1> utilisé un peu partout dans le pied de page ou la sidebar, parce que c'est stylisé de la bonne façon visuellement.
Un site accessible n'est pas un site plus laid. C'est un site plus lisible pour tout le monde, y compris pour vous.
Les cinq règles ci-dessus règlent la grande majorité des barrières. Pour aller plus loin, quelques chantiers supplémentaires :
À retenir
Ces cinq règles font partie de nos contrôles de recette systématiques. Un site que nous livrons doit passer les cinq. Si le vôtre est plus ancien ou si vous n'êtes pas sûr, parlons-en, nous les regarderons ensemble.