Site web et présence en ligne

Ce que je regarde en premier quand un prospect m'envoie l'URL de son site

10 juillet 2026 · 6 min de lecture · par Jean-Philippe Rosé

Un prospect m'écrit : « Voici notre site actuel, qu'est-ce que vous en pensez ? ». Je clique sur le lien. Avant de répondre, je passe deux à trois minutes à faire une inspection mentale, une petite check-list construite au fil des années. Rien de scientifique, mais aucun élément n'y est de trop.

Voici, dans l'ordre où je les regarde, les huit choses qui me disent presque tout d'un site. Utile pour un dirigeant qui veut faire ce diagnostic seul, sans avoir besoin d'un développeur. La moitié des signaux se lisent sans ouvrir le code.

Ce que je regarde en trois minutes vaut souvent ce qu'un audit de deux jours vous coûterait.

1

La première fenêtre (les 5 premières secondes)

Ce que je fais. Je regarde uniquement ce qui apparaît sans avoir à scroller. Titre, sous-titre, image principale, bouton d'action. Rien de plus.

Ce que je cherche. Est-ce que je comprends en cinq secondes ce qu'ils proposent, à qui, et pourquoi je devrais rester ?

Signaux mauvais. « Bienvenue chez… », « Nous sommes une entreprise dynamique », un carrousel qui tourne, une vidéo en autoplay qui ne dit rien de précis.

Signaux bons. Un titre orienté vers le visiteur, une preuve immédiate (un chiffre, un nom de client, une proposition claire), un seul bouton d'action.

2

Le temps de chargement

Ce que je fais. Je rafraîchis la page et je compte dans ma tête.

Ce que je cherche. Sous deux secondes, c'est soigné. Deux à quatre secondes, ça passe mais il y a du travail. Au-delà de quatre, il y a un vrai problème.

Ce que ça révèle. Le niveau de soin technique de l'équipe précédente. Un site lent, c'est souvent le symptôme d'une maintenance négligée, et le signal que la moitié des visiteurs mobiles ferment l'onglet avant même d'avoir vu le contenu.

3

Le scroll (le rythme éditorial)

Ce que je fais. Je scrolle vite, sans lire, juste pour sentir la respiration de la page.

Ce que je cherche. Est-ce que les sections s'enchaînent avec une logique (je découvre, je vois une preuve, je vois une offre, on m'invite à agir), ou est-ce que tout se répète ?

Signaux mauvais. Huit sections qui disent la même chose, cinq blocs « Nos valeurs / Notre engagement / Notre approche » sans les différencier, du remplissage manifeste.

Signaux bons. Un mouvement clair du général au concret, des zones de respiration, une seule idée par section.

4

Le mobile (le vrai)

Ce que je fais. Je sors mon téléphone et j'ouvre le site pour de vrai. Pas via les outils développeur. Sur le téléphone.

Ce que je teste.

  • Le numéro de téléphone est-il cliquable ?
  • Le menu s'ouvre-t-il, se ferme-t-il, tient-il sur un écran ?
  • La lecture du texte se fait-elle sans zoomer ?
  • Le formulaire de contact fonctionne-t-il sans acrobatie ?

Pourquoi ça compte. La moitié du trafic vient du mobile. Un site qui ne s'y comporte pas bien perd la moitié de son travail avant même d'avoir été lu.

Un site qu'on comprend en cinq secondes n'a pas besoin de plus. Un site qu'on ne comprend pas en cinq minutes a besoin d'une refonte.

5

Le code source (rapide, sans être développeur)

Ce que je fais. Clic droit → « Afficher le code source de la page ». Un coup d'œil de vingt secondes.

Ce que je cherche.

  • Quelle mention en haut ? « Powered by WordPress », « Built with Webflow », ou rien : chacune raconte l'histoire du site.
  • Combien de requêtes externes (visibles dans l'onglet Réseau des outils développeur) ? Dix, c'est élégant. Cinquante, c'est suspect. Cent cinquante, c'est une dette accumulée.
  • Des erreurs dans la console ? C'est souvent l'indice d'un plugin cassé, d'une intégration qui ne fonctionne plus, d'une mise à jour manquée.

Ce que ça révèle. La propreté cachée du site. Ce qui ne se voit pas depuis le navigateur, mais qui coûte tous les mois en maintenance.

view-source
1<head>
2<title>
3Menuiserie Dubois
4<meta name=
5"description"
6<link rel=
7"canonical"
8</head>
9
10<body>
11<h1>
6

Le formulaire de contact (le vrai test)

Ce que je fais. Je remplis le formulaire avec un faux message, je coche tout, et j'envoie.

Ce que je teste.

  • Y a-t-il un message de confirmation après envoi, ou juste un rechargement muet ?
  • Est-ce que je reçois un email de confirmation ?
  • Et si je m'envoie une vraie demande, est-ce qu'on me répond dans une fenêtre raisonnable ?

Pourquoi c'est central. C'est souvent là que se perd le plus de business. Un formulaire cassé (ou qui envoie tout en spam) peut faire disparaître 100 % des prospects entrants pendant des mois, sans que personne ne s'en aperçoive.

7

Les fondamentaux SEO (une minute chrono)

Ce que je fais. Je regarde ce qui donne la respiration SEO de base : title, meta description, H1, structure des H2, URLs, canonical, présence d'un robots.txt et d'un sitemap.xml.

Ce que je cherche.

  • Un title unique par page, orienté requête, pas seulement le nom de l'entreprise.
  • Une meta description qui donne envie de cliquer, sous les 160 caractères.
  • Un seul H1 par page, cohérent avec le title.
  • Une structure de H2 qui découpe le contenu, pas juste des paragraphes empilés.
  • Des URLs propres, sans paramètres inutiles ni doublons non canonicalisés.
  • Un robots.txt et un sitemap.xml présents et à jour.

Signaux mauvais. Page d'accueil dont le title est « Accueil » ou « Home ». Titles dupliqués sur plusieurs pages. Meta descriptions manquantes. Plusieurs H1 sur une même page. H1 « Bienvenue ». URLs à rallonge avec des identifiants numériques opaques.

Pourquoi ça compte. Ces réglages coûtent quelques heures à corriger, ne demandent aucune refonte, et peuvent faire remonter un site de plusieurs positions sur Google en quelques semaines. C'est le rapport temps investi / gain le plus élevé de tout un projet web.

avant

www.dubois.ch

Accueil - Dubois SARL

Aucune description disponible.

après

dubois.ch › cuisines

Menuiserie sur mesure à Neuchâtel

Cuisines, dressings et mobilier fabriqués en Suisse. Devis gratuit sous 48h.

8

Le référencement local (pour les prestataires de proximité)

Ce que je fais. Je cherche immédiatement les signaux qui prouvent à Google que ce prestataire existe physiquement quelque part, et couvre une zone donnée.

Ce que je cherche.

  • Une adresse postale claire, visible sur la page contact et dans le footer.
  • Un numéro de téléphone cliquable (déjà testé plus haut).
  • Des horaires d'ouverture affichés.
  • Une carte Google intégrée, ou au moins un lien vers la fiche.
  • Les zones ou villes couvertes explicitement mentionnées.
  • La cohérence NAP (Nom, Adresse, Téléphone) entre le site, la fiche Google Business Profile, et les annuaires suisses (local.ch, search.ch).

Ce qui manque souvent.

  • Le schema LocalBusiness en JSON-LD, la structure que Google lit pour comprendre où et quoi.
  • Les avis clients visibles quelque part sur le site, pas seulement sur Google.
  • Une page dédiée par localité pour les prestataires qui couvrent plusieurs zones.
  • Du contenu localisé : mentions explicites des villes, quartiers, régions desservies.

Pourquoi ça compte. Un prestataire local invisible sur la requête « [métier] + [ville] » perd la moitié de ses prospects potentiels. Ces éléments sont techniques, rapides à mettre en place, et pourtant systématiquement oubliés sur la plupart des sites de PME.

Menuiserie Dubois

★★★★★ 4,8 (87)

Menuiserie sur mesure

Rue du Lac 12, Neuchâtel

Ouvert · Ferme à 18h

Appeler · Itinéraire · Site

Ce que je fais de tout ça

En trois minutes, j'ai une idée claire du soin qui a été mis dans ce site, et donc, souvent, du soin qu'on peut espérer d'une refonte, ou de la nature exacte du problème à régler. Je ne partage jamais cette inspection brute avec le prospect. Mais ma proposition en découle directement.

Pour vous, dirigeant, ces six vérifications valent aussi. La moitié se fait sans compétence technique. L'autre moitié, un développeur honnête vous les regarde en cinq minutes. Rien ne vous empêche de faire ce diagnostic sur votre propre site un lundi matin, avant même de contacter qui que ce soit.

À retenir

  • La première fenêtre dit tout du positionnement (cinq secondes suffisent).
  • La vitesse de chargement est le meilleur proxy du soin technique.
  • Le rythme du scroll révèle le soin éditorial.
  • Le mobile n'est pas une case à cocher, c'est la moitié du trafic.
  • Le code source raconte l'histoire cachée du site.
  • Le formulaire est le premier endroit où fuit le business.
  • Les fondamentaux SEO offrent le meilleur rapport temps investi sur gain de tout un projet web.
  • Le référencement local est presque toujours bâclé, alors qu'il fait la moitié du chiffre pour un prestataire de proximité.

Et chez EGGA ?

Une inspection courte suffit souvent à savoir si un site mérite une refonte complète, un rafraîchissement ciblé, ou simplement une remise à niveau technique. Si vous voulez qu'on regarde le vôtre, parlons-en. Sans devis piégeux, sans démonstration commerciale.

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